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Checklist EmpCo pour les boutiques en ligne : 12 vérifications depuis le 27 septembre 2026

Par EcoClaim2026-10-049 min de lecture
Un gérant de boutique coche des points sur un porte-bloc à côté d'un colis emballé et vérifie sa boutique à l'aide d'une liste avant l'expédition

Depuis le 27 septembre 2026, les règles de la directive (UE) 2024/825, dite EmpCo ou ECGT, s'appliquent à toute allégation environnementale qu'une entreprise adresse aux consommateurs dans l'UE. En Allemagne, elles figurent dans la loi contre la concurrence déloyale (UWG) ; dans chacun des autres États membres, dans son propre droit national. Il n'existe aucun délai de grâce pour ce qui se trouve aujourd'hui sur votre site : une fiche produit publiée en 2023 est jugée selon les mêmes règles qu'une fiche publiée ce matin.

Cette checklist s'adresse à celles et ceux qui font tourner une boutique en ligne : le gérant, la personne qui rédige les fiches produits, l'agence qui s'occupe du site. Elle compte douze vérifications, regroupées selon l'endroit où se situe réellement le risque. Chacune cite la règle qui la fonde, pour que vous puissiez justifier une modification auprès d'un collègue, d'un fournisseur ou de votre avocat.

Les douze vérifications EmpCo en quatre groupes : les mots (allégations génériques, une partie présentée comme le tout, comparaisons, minimum légal présenté comme un atout), labels et images (labels de développement durable, images de nature et pictogrammes), climat et promesses (neutralité fondée sur la compensation, objectifs futurs, durabilité et réparation) et les endroits où se cachent les allégations (flux, places de marché, newsletters et emballages ; textes des fournisseurs ; preuves archivées et suivi daté).
Douze vérifications en quatre groupes. Traitez-les dans cet ordre : c'est dans le premier groupe que se trouve la majorité des problèmes.

Les mots : vérifications 1 à 4

1. Des termes génériques sans le fait qui les justifie. « Écologique », « vert », « durable », « respectueux du climat », « naturel », employés seuls, sont des allégations environnementales génériques. Depuis le 27 septembre, elles sont interdites sauf si vous pouvez démontrer l'excellence reconnue de la performance environnementale, ce qui signifie en pratique l'Écolabel européen ou un système officiel comparable (annexe I, point 4a). La correction est presque toujours la même : remplacer l'adjectif par le fait précis et démontrable, sur la même page. « Basket écologique » devient « tige en polyester recyclé à 80 % ». Notre liste des mots interdits reprend chaque terme encadré avec ce qu'il faut écrire à la place.

2. Une partie présentée comme le tout. « Emballage recyclable » alors que seul le carton extérieur l'est, « fabriqué en matière recyclée » alors que seule la doublure l'est. Une allégation portant sur l'ensemble du produit ou sur l'ensemble de l'activité de l'entreprise, qui n'est vraie que pour un seul aspect, est interdite (annexe I, point 4b). Nommez la partie concernée : « carton extérieur recyclable avec les papiers ; sachet intérieur non recyclable ».

3. Des comparaisons sans méthode. « Plus durable qu'avant », « plus écologique que le coton conventionnel ». Une comparaison portant sur des caractéristiques environnementales doit désormais indiquer au consommateur la méthode de comparaison, les produits concernés et l'actualité des données (article 7, paragraphe 7, de la directive 2005/29/CE relative aux pratiques commerciales déloyales, ajouté par EmpCo). Si vous ne pouvez pas dire par rapport à quoi et selon quelle mesure, supprimez-la.

4. Le minimum légal présenté comme un atout. « Sans CFC » sur un aérosol, « sans phosphates » sur une lessive : ces deux substances sont déjà interdites pour ces produits par le droit de l'UE. Présenter ce que la loi impose à tous les produits comme une particularité du vôtre est interdit (annexe I, point 10a). C'est l'un des problèmes les plus discrets, et l'un des plus simples à corriger : supprimez la mention.

Labels et images : vérifications 5 et 6

5. Labels et badges de développement durable. Tout label, sceau ou badge qui suggère une qualité environnementale ou sociale doit reposer sur un système de certification avec vérification indépendante, ou avoir été mis en place par une autorité publique (annexe I, point 2a). Votre propre pictogramme « Choix vert », un badge « Planet Friendly » fourni avec votre thème, un sceau créé par un fournisseur : aucun ne passe. Les systèmes reconnus comme l'Écolabel européen, GOTS, OEKO-TEX, FSC ou l'Ange bleu passent, à condition que le produit soit réellement certifié. Notre test des labels en trois questions détaille la démarche.

Une étiquette produit vierge attachée à une ficelle, le genre d'étiquette qui finit par porter un badge écologique fait maison
Une étiquette ou un badge n'est pas un label tant qu'un système de certification ou une autorité publique ne le garantit pas.

6. Images, couleurs et pictogrammes. Feuilles, globes, dégradés verts et décors de forêt peuvent constituer à eux seuls une allégation environnementale, appréciée selon l'impression globale produite sur le consommateur moyen (article 6, paragraphe 1, de la directive 2005/29/CE). Une feuille à côté d'un produit en plastique suggère un bénéfice qui n'existe pas. Il n'est pas nécessaire de retirer les images par principe, mais chaque image qui laisse entendre un bénéfice environnemental doit s'appuyer sur un fait, exactement comme une phrase. Notre vérificateur d'images analyse les badges et les photos produit comme une vérification de texte analyse la rédaction.

Climat et promesses : vérifications 7 à 9

7. La neutralité fondée sur la compensation. « Livraison neutre pour le climat », « produit neutre en CO₂ », « compensé carbone » sont purement et simplement interdits lorsqu'ils reposent sur l'achat de crédits de compensation (annexe I, point 4c). C'est la seule règle qu'aucune documentation ne permet de satisfaire. Ce que vous pouvez dire à la place, c'est ce que vous avez réellement réduit, mesures à l'appui. Notre article sur douze alternatives à « neutre en carbone » propose des formulations qui fonctionnent.

Deux installateurs posent des panneaux solaires sur un toit en tuiles, une mesure de réduction réelle et non une compensation achetée
Les réductions réelles peuvent être revendiquées, chiffres à l'appui. Une neutralité achetée par la compensation, non.

8. Les objectifs futurs. « Zéro émission nette d'ici 2035 », « entièrement circulaire d'ici 2030 ». Une allégation relative à une performance environnementale future n'est autorisée qu'avec des engagements clairs et accessibles au public, exposés dans un plan de mise en œuvre détaillé et réaliste comprenant des objectifs mesurables et assortis d'échéances, et vérifiés régulièrement par un expert indépendant dont les conclusions sont mises à la disposition des consommateurs (article 6, paragraphe 2, point d), de la directive 2005/29/CE). Si ce plan et cette vérification n'existent pas encore, l'objectif a sa place dans votre stratégie interne, pas sur la fiche produit.

9. Promesses de durabilité, de réparation et de mises à jour. « Dure toute une vie », « conçu pour durer », « réparable », « batterie longue durée ». EmpCo a ajouté une série d'interdictions relatives à la durabilité et à la réparation (annexe I, points 23d à 23i), notamment les allégations de durabilité dans des conditions normales d'utilisation qui ne sont pas démontrées, et le fait de présenter des biens comme réparables alors qu'ils ne le sont pas. Conservez les allégations que vous pouvez étayer par des données d'essai, la disponibilité des pièces détachées ou les conditions de garantie, et écrivez ces faits à la place de l'adjectif.

Où se cachent les allégations : vérifications 10 à 12

10. Tous les canaux, pas seulement les pages de la boutique. Les règles s'appliquent à toute communication commerciale : flux produits pour Google Shopping et les places de marché, fiches Amazon et Zalando, newsletters et leurs modèles, publications sur les réseaux sociaux encore en ligne, catalogues PDF, bannières, et l'emballage lui-même. Une boutique qui corrige ses fiches produits mais garde « éco » dans le titre de son flux continue d'en faire un argument publicitaire. Pour les emballages et les stocks déjà sur le marché avant le 27 septembre, l'Autriche et l'Allemagne ont prévu des règles particulières ; notre article sur les stocks existants explique ce qu'elles couvrent et ce qu'elles ne couvrent pas.

11. Textes des fournisseurs et des marques. Les distributeurs collent souvent mot pour mot les descriptions fournies par les marques. Dès qu'une phrase figure sur votre page, c'est votre publicité, quel qu'en soit l'auteur initial. Demandez la preuve avant de publier l'allégation ; notre guide sur les justificatifs à demander aux fournisseurs les détaille allégation par allégation.

12. Des preuves archivées et un suivi daté. Pour chaque allégation précise que vous conservez, archivez le justificatif : le certificat avec son numéro et sa durée de validité, le rapport d'essai, le calcul. Tenez un registre daté de ce que vous avez vérifié et modifié. En Allemagne, une mise en demeure (Abmahnung) envoyée par un concurrent ou une association est le premier contact le plus probable avec les nouvelles règles (notre guide sur les mises en demeure explique la procédure), et une vérification documentée est la meilleure position pour y répondre. Refaites la vérification après chaque changement de gamme, mise à jour du thème ou arrivée d'un nouveau fournisseur.

L'ordre qui fait gagner du temps

Commencez par les vérifications 1 et 7 : les termes génériques et la neutralité fondée sur la compensation sont les deux problèmes de gravité maximale les plus fréquents sur les sites que nous analysons, et tous deux se corrigent dans le texte lui-même. Passez ensuite aux labels (5), puis aux canaux (10). Les vérifications 8 et 9 concernent généralement moins de pages mais prennent plus de temps, car les preuves doivent d'abord exister.

Appliquer la checklist à une vraie boutique

  1. Repérez les allégations. Une vérification gratuite de votre site analyse les pages clés de votre boutique en une minute environ et liste chaque allégation signalée avec la règle applicable. Pour l'ensemble du catalogue, un Site Sweep vérifie jusqu'à 1 000 pages en une seule fois et regroupe les résultats par formulation : « écologique » sur 340 fiches produits devient une seule décision, et non 340.
  2. Décidez par formulation, pas par page. Pour chaque formulation signalée : la conserver avec une preuve, la réécrire en énonçant le fait précis, ou la supprimer.
  3. Réécrivez et testez. Collez le nouveau texte dans le vérificateur de texte avant sa mise en ligne.
  4. Corrigez les canaux. Flux, annonces sur les places de marché, modèles de newsletter, catalogues PDF.
  5. Archivez les preuves et vérifiez de nouveau. Conservez la preuve avec l'allégation et relancez une analyse après les modifications, pour que votre registre montre l'avant et l'après.

Commencez par la vérification gratuite

Voyez lesquelles des douze vérifications votre boutique ne passe pas aujourd'hui, avec la règle derrière chaque résultat. Aucun compte nécessaire pour la première analyse.

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FAQ

Existe-t-il une période de transition pour les textes des sites web ?

Non. La directive elle-même ne prévoit aucune période de transition, et les règles particulières adoptées par l'Autriche et l'Allemagne pour les stocks existants concernent les marchandises et leurs emballages, pas les textes de votre site. Fiches produits, textes de catégories, flux et newsletters doivent être conformes depuis le 27 septembre 2026.

Les règles s'appliquent-elles aux petites boutiques ?

Oui. Les interdictions s'appliquent à toute entreprise qui communique avec des consommateurs dans l'UE, quelle que soit sa taille. EmpCo ne prévoit aucune exemption pour les petites entreprises.

Quelle vérification révèle le plus de problèmes ?

Le point 1. Les allégations environnementales génériques sont le constat le plus fréquent sur les sites que nous analysons, suivies des visuels trompeurs. Parmi les constats les plus graves, les allégations de neutralité fondées sur la compensation arrivent en deuxième position.

Pouvons-nous conserver une allégation si nous avons un certificat ?

Oui, si le certificat couvre ce produit et cette allégation, s'il est valide et s'il provient d'un système avec vérification indépendante. Indiquez le nom du système et, idéalement, le numéro de certificat à côté de l'allégation.

À quelle fréquence faut-il appliquer la checklist ?

Une fois intégralement dès maintenant, puis après chaque changement qui ajoute du texte : nouveaux produits, nouveau fournisseur, mise à jour du thème, campagne saisonnière. Une courte nouvelle analyse après chacun de ces changements suffit à tenir le registre à jour.

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