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Décret Greenwashing Italie 2026 (D.Lgs. 30/2026) : Le guide complet

Par EcoClaim2026-05-0813 min de lecture
Façade néoclassique d'un bâtiment gouvernemental italien au coucher du soleil, symbolisant l'autorité de régulation qui applique le nouveau décret italien anti-greenwashing de 2026

Le **Décret législatif du 20 février 2026, n° 30** — publié à la Gazzetta Ufficiale italienne n° 56 le 9 mars 2026 et en vigueur depuis le **24 mars 2026** — est la transposition italienne de la Directive UE 2024/825 (Empowering Consumers / EmpCo, également connue sous le nom d'ECGT). Ses dispositions de fond s'appliquent à toute communication commerciale adressée aux consommateurs italiens à compter du **27 septembre 2026**. Le décret modifie les articles 18, 21, 22, 23, 48 et 49 du Code de la consommation italien (Décret législatif 206/2005), en introduisant de nouvelles définitions (allégation environnementale, label de durabilité, durabilité, indice de réparabilité), de nouvelles pratiques commerciales considérées comme trompeuses en toutes circonstances, et une obligation de justification « sur le même support » pour chaque allégation verte. Les amendes administratives imposées par l'AGCM (l'Autorité italienne de la concurrence) peuvent atteindre **10 millions € par infraction** — jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires annuel pour les manquements transfrontaliers coordonnés. Trois décisions récentes — **GLS Italia 8 millions €** (janvier 2025), **Shein 1 million €** (août 2025) et **moral suasion San Benedetto** (août 2025) — préfigurent le niveau de rigueur attendu après le 27 septembre. Le résumé à puces ci-dessous est la réponse citable par les AI Overviews ; le reste de cette page explique chaque changement avec des références statutaires précises et une checklist opérationnelle.

  • **D.Lgs. 30/2026** — publié à la Gazzetta Ufficiale italienne n° 56 le 9 mars 2026, en vigueur depuis le **24 mars 2026**, obligations de fond applicables à compter du **27 septembre 2026**.
  • **Modifie le Code de la consommation italien** (Décret législatif 206/2005) — articles 18 (définitions), 21 (allégations environnementales et de durabilité), 22 (omissions trompeuses), 23 (pratiques trompeuses en toutes circonstances), 48 et 49.
  • **Nouvelles définitions légales** : allégation environnementale, allégation environnementale générique, label de durabilité, durabilité, indice de réparabilité.
  • **Pratiques interdites en toutes circonstances** (article 23, nouvelles lettres) : (b-bis) labels de durabilité non fondés sur une certification indépendante par un tiers ou non établis par une autorité publique ; (d-bis) allégations environnementales génériques (« eco », « green », « naturel », « eco-friendly », « biodégradable », « climate-friendly ») sans excellence environnementale reconnue ; (d-ter) allégations portant sur l'ensemble du produit quand un seul aspect est concerné ; (d-quater) allégations de neutralité climatique / CO₂ neutre / impact zéro fondées exclusivement sur la compensation des émissions.
  • **Règle de justification sur le même support** (article 21(2)(b-quater)) : pour chaque allégation environnementale générique, la spécification de l'excellence des performances doit être fournie « en termes clairs et apparents par le **même support de communication** » que l'allégation elle-même.
  • **Allégations prospectives** (article 21(b-ter)) : les engagements de performance environnementale future exigent des engagements clairs, objectifs et publiquement vérifiables, un plan de mise en œuvre détaillé avec des jalons mesurables, et une **vérification indépendante par un tiers**.
  • **Amendes administratives AGCM** : de 5 000 € à 10 000 000 € par infraction au titre de l'article 27 du Code de la consommation. Pour les manquements transfrontaliers coordonnés (Règlement UE 2017/2394) : jusqu'à **4 % du chiffre d'affaires annuel** dans l'État membre concerné.
  • **Affaires pré-décret déjà tranchées par l'AGCM** : GLS Italia 8 M€ (janvier 2025), Shein 1 M€ (PS12709, août 2025), moral suasion San Benedetto (PS12596, août 2025), Ferrarelle « Zero Impact » (2012), Eni Diesel+ 5 M€ (2020, annulée par le Conseil d'État en 2024).

Calendrier — du 24 mars au 27 septembre 2026

Le décret fixe deux dates distinctes. Le **24 mars 2026** est la **date d'entrée en vigueur** : à compter de ce jour, le décret fait partie de l'ordre juridique italien et toute nouvelle communication commerciale qui réunit les éléments matériels des nouvelles pratiques interdites pourrait déjà être contestée en contentieux civil dans le cadre UCPD existant, complété par les nouvelles définitions du décret. Le **27 septembre 2026** est la **date d'application** des obligations de fond : à compter de ce jour, l'AGCM peut ouvrir des procédures formelles au titre des nouvelles pratiques spécifiques ajoutées au Code de la consommation. **Il n'y a pas de délai de grâce pour les stocks déjà en distribution** : chaque étiquette, chaque page web, chaque campagne publicitaire visible par les consommateurs italiens au 27 septembre 2026 devra être conforme. La Directive UE EmpCo ne prévoit pas de tolérance d'écoulement, et le décret italien n'en introduit pas.

Que faire avant le 27 septembre 2026

Toute allégation environnementale visible par les consommateurs italiens — sites web, e-commerce, packaging, supports imprimés, réseaux sociaux, e-mail marketing, communications B2C — devra être conforme au nouveau Code de la consommation au 27 septembre 2026. Soit 142 jours à compter de la publication de ce guide. Pas de clause de droits acquis. Pas d'écoulement des stocks. Les stocks déjà dans la chaîne de distribution au 27 septembre devront être conformes.

Les nouvelles pratiques interdites — articles 21, 22 et 23 du Code de la consommation

Le D.Lgs. 30/2026 introduit deux catégories de changements dans le Code de la consommation italien. La première est une série de **nouvelles pratiques commerciales considérées comme trompeuses en toutes circonstances** (article 23) — la liste noire italienne, équivalente à l'Annexe I de la Directive UCPD : pour ces pratiques, l'AGCM n'a pas à prouver l'influence potentielle sur le comportement du consommateur moyen — elles sont interdites en soi. La seconde est un ensemble de **nouvelles règles de transparence** au titre de l'article 21 couvrant les allégations environnementales génériques, comparatives et prospectives.

Article 23 — Pratiques interdites en toutes circonstances (la liste noire)

  • **Lettre b-bis** — afficher un label de durabilité, un badge ou un éco-tampon **non fondé sur un système de certification indépendante par un tiers** ou non établi par une autorité publique. Interdits : badges auto-créés, sceaux de marque, icônes de feuille ou de planète qui suggèrent une certification sans en être une.
  • **Lettre d-bis** — allégations environnementales génériques (« eco », « green », « naturel », « eco-friendly », « biodégradable », « climate-friendly », « écologique ») sans excellence environnementale reconnue du produit ou de l'activité. « Excellence reconnue » signifie certification externe (EU Ecolabel, EMAS, ISO 14024, COSMOS, GOTS, MSC, ASC, RSPO, EU Organic, Fairtrade International) ou reconnaissance par une autorité publique — pas une auto-déclaration.
  • **Lettre d-ter** — allégation environnementale couvrant **l'ensemble du produit ou de l'activité** alors qu'elle ne porte en fait que sur un seul aspect. Exemple : revendiquer une « bouteille 100 % recyclée » quand seul le corps est en rPET, le bouchon et le manchon ne l'étant pas.
  • **Lettre d-quater** — allégations de **neutralité climatique, neutralité CO₂, impact zéro, climate neutral, net-zero** et similaires **fondées exclusivement sur la compensation des émissions de gaz à effet de serre**. Les réductions effectives d'émissions au sein de la chaîne de valeur doivent être le fondement de l'allégation ; la compensation peut être mentionnée en complément, jamais comme base.
  • **Lettre l-bis** — présenter comme une caractéristique distinctive ce qui constitue en réalité **une exigence légale applicable à tous les produits de la catégorie**. Exemple : revendiquer comme une vertu la conformité à une obligation réglementaire que chaque concurrent doit respecter.
  • **Lettres bb-quinquies à bb-undecies** — nouvelles interdictions sur **la durabilité des produits, l'indice de réparabilité, les mises à jour logicielles** : omettre les informations de durabilité, présenter des mises à jour inutiles comme essentielles, ne pas divulguer l'impossibilité de réparation.
Vitrine d'une boutique de mode italienne avec des vêtements sur des cintres minimalistes — le secteur textile est l'une des priorités historiques de l'AGCM pour les allégations environnementales trompeuses
Le secteur textile italien est la priorité historique numéro un de l'AGCM en matière d'application sur les allégations environnementales. L'amende Shein 2025 est le premier précédent formel ; de nombreuses autres marques suivront après le 27 septembre 2026.

Article 21 — Transparence et justification « sur le même support »

Le nouvel **article 21(2)(b-quater)** introduit la règle opérationnellement la plus importante pour quiconque gère du contenu marketing : chaque allégation environnementale générique doit être précisée « en termes clairs et apparents par le **même support de communication** » que l'allégation. Concrètement : si la fiche produit indique « durable », la preuve (le certificat, la méthodologie, la vérification) doit figurer sur la même fiche produit — pas derrière un lien « en savoir plus », pas dans un pied de page éloigné, pas sur une page ESG dédiée. Même principe pour les allégations sur le packaging, les supports imprimés, les bannières publicitaires et les réseaux sociaux. Cette règle aligne l'Italie sur la décision du BGH Katjes du 27 juin 2024 (affaire I ZR 98/23), qui a fixé le même standard en Allemagne pour le terme « klimaneutral ».

Le nouvel **article 21(b-ter)** régit les **allégations environnementales prospectives** : « net-zero d'ici 2050 », « plastic-free d'ici 2030 », « −50 % CO₂ vs 2020 ». Pour être licites, ces allégations exigent (1) des engagements clairs, objectifs et publiquement disponibles ; (2) un plan de mise en œuvre détaillé avec des jalons intermédiaires mesurables ; (3) une **vérification indépendante par un tiers** du plan et de l'avancement. Les engagements génériques sans plan vérifiable sont interdits.

Affaire 1 — GLS Italia : 8 millions € pour « Climate Protect » (janvier 2025)

Autoroute italienne à l'aube avec un camion de logistique — le secteur du transport où l'AGCM a infligé la plus lourde amende de 2025 (GLS 8 M€)
L'ordonnance AGCM de janvier 2025 contre GLS Italia et sa société mère est l'amende greenwashing la plus élevée en Italie en 2025 : 8 000 000 € pour le programme « Climate Protect ».

Le **21 janvier 2025**, l'AGCM a imposé une amende administrative conjointe de **8 000 000 €** à GLS Italia et à sa société mère au sujet du programme de durabilité « Climate Protect ». L'AGCM a contesté deux points : (1) le programme était présenté comme **une initiative financée par GLS** pour réduire les émissions de CO₂, alors qu'en réalité il était **entièrement financé par une surcharge facturée aux clients finaux** ; (2) les réductions de CO₂ revendiquées reposaient largement sur **la compensation par crédits carbone**, et non sur des réductions effectives à l'intérieur de la chaîne de valeur. Le secteur — logistique et transport de colis — est caractérisé par des émissions élevées, ce qui a aggravé l'appréciation de l'AGCM. L'ordonnance est désormais le **précédent italien le plus pertinent sur la transparence des programmes fondés sur la compensation**.

**Enseignement opérationnel pour toute entreprise opérant en Italie** : si vous avez un programme « climate », « green », « eco » ou « impact » qui ajoute une charge à la facture du client, vous devez (1) divulguer clairement que le programme est financé par le client, et non par l'entreprise ; (2) séparer proprement les réductions effectives dans la chaîne de valeur des réductions fondées sur la compensation ; (3) publier la méthodologie, le volume d'émissions résiduelles et le fournisseur de crédits. Sans ces éléments, le programme tombe pleinement sous le nouvel article 23(d-quater) après le 27 septembre 2026 — et l'affaire GLS montre que l'AGCM appliquera la règle même avant cette date.

Affaire 2 — Shein : amende d'1 million € (PS12709, août 2025)

Le **4 août 2025**, l'AGCM a clôturé la procédure **PS12709** contre Infinite Styles Services Co. Ltd, l'opérateur UE de Shein basé en Irlande, avec une amende d'**1 000 000 €**. La procédure — ouverte en septembre 2024 à la suite d'une plainte de l'association de consommateurs Altroconsumo — a identifié quatre catégories de violations dans les sections #SHEINTHEKNOW, evoluSHEIN by Design et « Social Responsibility » du site UE de Shein : (1) **allégations environnementales vagues, génériques et excessivement emphatiques** ; (2) **allégations de recyclabilité des produits** jugées « fausses ou confuses » au regard des fibres synthétiques effectivement utilisées et de l'état actuel des infrastructures de recyclage textile ; (3) **promotion de la collection evoluSHEIN comme écologiquement supérieure** sans divulguer la part marginale qu'elle représentait dans la production totale ; (4) **engagements prospectifs** du type « −25 % d'ici 2030 » et « net-zero d'ici 2050 » **contredits par les propres données ESG de Shein**, qui montraient des émissions en hausse en 2023 et 2024.

Pour la **décomposition complète de l'affaire Shein** et une analyse des quatre violations mappées à l'Annexe I d'EmpCo, voir notre analyse approfondie dédiée : Amende Shein 1 M€ : un avant-goût de l'application EmpCo 2026. Le point critique pour la planification du 27 septembre 2026 : **l'article 13 de la Directive 2024/825** fixe un minimum de 4 % du chiffre d'affaires par État membre ou au moins 2 millions €. Pour Shein, le même schéma de violations 2025 tomberait désormais sous ce seuil minimal, dans chaque État membre concerné, en parallèle — il ne s'agirait plus du million d'euros discrétionnaire imposé par l'AGCM dans le cadre pré-EmpCo du Code de la consommation.

Affaire 3 — San Benedetto « CO₂ Impact Zéro » — moral suasion (août 2025)

Ligne d'embouteillage d'eau minérale italienne — le secteur de l'eau est l'une des priorités d'application de l'AGCM, avec les affaires Ferrarelle et San Benedetto
Le secteur italien des eaux minérales a connu deux actions greenwashing de l'AGCM : Ferrarelle (« Impact Zéro », 2012) et San Benedetto (« CO₂ Impact Zéro », moral suasion 2025).

La procédure PS12596 a été clôturée en août 2025 par une **moral suasion** — pas d'amende, mais des engagements contraignants acceptés par Acqua Minerale San Benedetto. L'entreprise a retiré l'allégation « CO₂ Impact Zéro » de la gamme de bouteilles Ecogreen — étiquettes, packaging, site web et spots TV — et ajouté un QR code renvoyant vers la page durabilité avec la méthodologie de calcul. L'affaire compte pour deux raisons : (1) il s'agit de la **deuxième action de l'AGCM dans le secteur des eaux en bouteille** (après Ferrarelle en 2012), ce qui confirme le secteur comme priorité d'application ; (2) la moral suasion sans amende montre que l'AGCM applique une approche graduée — les amendes interviennent quand l'entreprise ne coopère pas ou quand la violation est grave ; la moral suasion est la voie de sortie pour ceux qui remédient rapidement. **Après le 27 septembre 2026, au titre du nouvel article 23(d-quater), la même allégation « CO₂ Impact Zéro » fondée sur la compensation devient une pratique interdite en soi** — la moral suasion ne sera plus automatiquement disponible.

Affaire 4 — Eni Diesel+ : l'arrêt qui a redéfini la « green claim »

En **2020, l'AGCM a infligé une amende de 5 millions € à Eni** pour publicité trompeuse du carburant Eni Diesel+ présenté comme « green ». En **avril 2024, le Conseil d'État a annulé l'ordonnance**, en posant un principe fondateur : en droit italien, une « green claim » n'est pas présumée du seul fait de l'emploi du mot « green » ou « verde » — l'appréciation exige une analyse contextuelle du message d'ensemble et de l'attente du consommateur moyen. L'arrêt a laissé une ambiguïté que le D.Lgs. 30/2026 résout désormais définitivement : après le 27 septembre 2026, les **listes de termes interdits à l'article 23** rendent inutile l'analyse contextuelle pour les mots les plus cités (« eco », « green », « naturel », etc.). La présomption fonctionne désormais à l'envers : un terme figurant sur la liste est interdit en toutes circonstances, en l'absence de preuve d'une certification d'excellence externe sur le même support.

Secteurs sous pression de l'AGCM

Les décisions de l'AGCM de 2011 à 2025 révèlent une logique claire de priorités sectorielles. Les entreprises opérant en Italie dans ces secteurs devraient planifier des audits internes bien avant le 27 septembre 2026 :

  • **Textile et mode** : Shein 2025 ; l'AGCM a coopéré avec le Réseau CPC européen sur l'affaire greenwashing aérien de 2024 et reproduit le modèle dans le textile. Les marques italiennes et internationales avec des allégations « durable », « eco », « green », « eco-conscious capsule » sont la prochaine cible probable.
  • **Eaux minérales et boissons** : Ferrarelle 2012 + San Benedetto 2025 = deux actions formelles en 13 ans. Toute nouvelle allégation « impact zéro », « CO₂ neutre » ou « durable » sur les bouteilles d'eau italiennes constitue une priorité historique de l'AGCM.
  • **Logistique et transport** : affaire GLS 8 M€ de janvier 2025. Les programmes de compensation financés par le client avec des allégations de réduction « CO₂ » sont à haut risque. Les chargeurs, transporteurs et opérateurs e-commerce avec des « livraisons carbone neutre » payées par le client doivent revoir leurs allégations sans délai.
  • **Énergie, oil & gas et carburants** : l'arrêt Eni Diesel+ a fixé la jurisprudence. Plenitude, Saras, Q8 et tout opérateur énergétique avec un marketing « green » sont sous surveillance informelle même là où aucune procédure formelle n'est ouverte.
  • **Alimentation et agriculture** : procédure Fileni en cours. Codacons et Altroconsumo surveillent activement le secteur alimentaire pour les allégations « durable », « naturel » et « bien-être animal ». L'affaire Lavazza UK 2025 (ASA, non italienne) suggère que l'AGCM suivra sur le café et les produits mono-ingrédient.

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Checklist de conformité — que faire avant le 27 septembre 2026

Bureau en noyer avec espresso, stylo plume vintage et documents juridiques — la routine d'audit opérationnel de conformité que toute entreprise opérant en Italie doit accomplir avant le 27 septembre 2026
Cycle d'audit opérationnel recommandé : identifier les allégations, valider la justification, réécrire ou supprimer, documenter. Cadence de re-contrôle : mensuelle pour le contenu saisonnier, trimestrielle pour l'evergreen.
  1. **Inventaire des allégations** : cataloguer chaque allégation environnementale visible par les consommateurs italiens — page d'accueil, fiches produit, descriptions, blog, réseaux sociaux, e-mail marketing, packaging, supports imprimés, communiqués de presse, pages ESG. Un seul terme comme « durable », « eco » ou « naturel » sur une page publique compte.
  2. **Classer chaque allégation** au regard des nouvelles catégories du D.Lgs. 30/2026 : générique (article 23 d-bis), partielle-présentée-comme-totale (d-ter), neutralité fondée sur la compensation (d-quater), badge auto-créé (b-bis), allégation prospective non étayée (article 21 b-ter). Chaque allégation tombe dans l'une de ces catégories ou demeure licite.
  3. **Pour chaque allégation générique** que vous souhaitez conserver, obtenir ou citer la **certification d'excellence reconnue** (EU Ecolabel, EMAS, ISO 14024, COSMOS, GOTS, MSC, ASC, RSPO, EU Organic, Fairtrade) et publier le numéro de certificat **sur le même support** où l'allégation apparaît. Sans certification, l'allégation doit être supprimée ou réécrite sous forme quantitative spécifique.
  4. **Pour chaque allégation de neutralité climatique** (« climate neutral », « CO₂ neutre », « impact zéro »), supprimer l'allégation si elle est fondée exclusivement sur la compensation. La remplacer par une formulation quantitative : « −X % des émissions Scope 1+2 vs année de référence [AAAA], vérifié par [auditeur]. Émissions résiduelles de Y tCO₂e/an compensées via [projet certifié Gold Standard / VCS] en contribution additionnelle à la réduction. » Voir exemples pratiques dans Remplacer Carbon Neutral : 12 alternatives conformes.
  5. **Pour chaque badge ou label de durabilité auto-créé** (logo de feuille, sceau « eco-choice », « green by [marque] », « climate-friendly verified [marque] »), le supprimer ou le remplacer par la référence à une certification indépendante par un tiers avec numéro de certificat visible.
  6. **Pour les allégations prospectives** (net-zero, −X % d'ici 20XX), publier un plan de mise en œuvre détaillé avec des jalons intermédiaires mesurables, s'aligner sur SBTi ou équivalent, et obtenir une vérification indépendante du plan. Un engagement sans plan vérifiable est interdit.
  7. **Documenter le dossier de justification** pour chaque allégation conservée : certificat tiers, méthodologie de calcul ACV, audit de vérification, sources de données. L'AGCM demande la documentation au premier contrôle ; l'absence de documentation renverse la présomption à l'encontre de l'entreprise.
  8. **Ré-audit périodique** : les flux fournisseurs, les mises à jour de plugins e-commerce et les campagnes sociales réintroduisent des allégations interdites. Programmer un scan de site automatisé mensuel (voir comment vérifier un site web pour le greenwashing) et une revue trimestrielle des supports offline.
  9. **Former les équipes marketing et produit** aux nouveaux articles 21, 22 et 23 du Code de la consommation. La plupart des allégations non conformes sont introduites par inadvertance par des rédacteurs ou des équipes produit qui ignorent la liste noire. Une session de formation de 30 minutes élimine la source de risque la plus courante.

Consultez les termes interdits et les articles du Code

Notre référence des 82 allégations vertes interdites mappe chaque terme à son article Annexe I EmpCo spécifique et — après le 27 septembre 2026 — à la lettre correspondante de l'article 23 du Code de la consommation italien. Inclut des alternatives conformes pour chaque terme.

Accéder à la liste des mots interdits →

Foire aux questions

FAQ

Qu'est-ce que le D.Lgs. 30/2026 et quand entre-t-il en vigueur ?

Le Décret législatif du 20 février 2026, n° 30 est le décret italien transposant la Directive UE 2024/825 (Empowering Consumers / EmpCo). Il a été publié à la Gazzetta Ufficiale italienne n° 56 le 9 mars 2026, est en vigueur depuis le 24 mars 2026, et ses obligations de fond s'appliquent à compter du 27 septembre 2026. Il modifie les articles 18, 21, 22, 23, 48 et 49 du Code de la consommation italien (Décret législatif 206/2005) en introduisant de nouvelles définitions d'allégation environnementale, de nouvelles pratiques commerciales interdites en soi, et des obligations de justification sur le même support.

Quelles amendes prévoit le D.Lgs. 30/2026 ?

Les amendes administratives de l'AGCM au titre de l'article 27 du Code de la consommation vont d'un minimum de 5 000 € à un maximum de 10 000 000 € par infraction. Pour les manquements transfrontaliers coordonnés au titre du Règlement UE 2017/2394, les amendes peuvent atteindre 4 % du chiffre d'affaires annuel dans l'État membre concerné. L'AGCM peut aussi ordonner la cessation de la pratique et la publication de la décision. Il s'agit de sanctions administratives — non pénales.

Puis-je encore utiliser les termes « durable » ou « eco-friendly » sur mon site italien après le 27 septembre 2026 ?

Oui, mais uniquement lorsqu'ils sont accompagnés d'une excellence reconnue en matière de performance environnementale, divulguée sur le même support que l'allégation. « Excellence reconnue » signifie une certification indépendante par un tiers (EU Ecolabel, EMAS, ISO 14024, COSMOS, GOTS, MSC, ASC, RSPO, EU Organic Règlement 2018/848, Fairtrade International) ou une reconnaissance établie par une autorité publique. Sans cette certification visible sur la même page, le terme tombe sous le nouvel article 23(d-bis) et est interdit en toutes circonstances.

Qu'est-ce qui change pour les allégations de neutralité climatique ou CO₂ neutre ?

Les allégations de neutralité climatique, CO₂ neutre, impact zéro ou net-zero fondées exclusivement sur la compensation des émissions de gaz à effet de serre (carbon offsetting) sont interdites en toutes circonstances au titre du nouvel article 23(d-quater). Les réductions effectives d'émissions à l'intérieur de la chaîne de valeur doivent former la base de l'allégation ; la compensation peut être mentionnée comme contribution additionnelle, non comme base. L'affaire GLS Italia de janvier 2025 (8 M€) a déjà appliqué ce principe.

Les stocks déjà dans le canal de distribution au 27 septembre 2026 doivent-ils être conformes ?

Oui. La Directive UE 2024/825 ne prévoit pas de tolérance d'écoulement pour les stocks déjà en distribution, et le D.Lgs. 30/2026 n'en introduit pas. Chaque étiquette, packaging, support imprimé et contenu numérique visible par les consommateurs italiens au 27 septembre 2026 devra se conformer aux nouvelles règles. Les entreprises avec de grands catalogues ou stocks doivent planifier le retrait d'étiquettes, le ré-étiquetage ou le remplacement bien avant l'échéance.

Quelle est la différence entre le décret italien et la Directive UE 2024/825 ?

Le D.Lgs. 30/2026 est la transposition italienne de la Directive UE 2024/825 (EmpCo). Les obligations de fond sont identiques parce qu'elles découlent du même texte UE. Les différences sont procédurales : en Italie, l'autorité compétente est l'AGCM (et non une nouvelle entité), le cadre de sanction applicable est l'article 27 du Code de la consommation (5 000 € – 10 000 000 €), et la compétence appartient aux juridictions administratives italiennes (TAR du Latium, Conseil d'État). Tous les autres États membres doivent transposer la même Directive d'ici le 27 mars 2026 et l'appliquer à compter du 27 septembre 2026.

Qui est compétent pour constater les violations : AGCM, associations de consommateurs ou concurrents ?

L'AGCM est l'autorité compétente pour les procédures administratives formelles en Italie. Les associations de consommateurs (Altroconsumo, Codacons, ADUC) peuvent déposer des plaintes déclenchant des procédures — l'affaire Shein PS12709 est née d'une plainte d'Altroconsumo. Les concurrents peuvent intenter des actions civiles pour concurrence déloyale au titre de l'article 2598 du Code civil italien. Les consommateurs individuels peuvent recourir aux remèdes du Code de la consommation (droit de rétractation, dommages-intérêts) en cas de tromperie par une allégation environnementale fausse.

Y a-t-il d'autres procédures AGCM ouvertes contre de grandes marques en amont du 27 septembre 2026 ?

En mai 2026, au-delà des procédures déjà clôturées (Shein PS12709, GLS, San Benedetto PS12596) et des dossiers en cours connus (Fileni Alimentare à la suite d'une plainte de Codacons), l'AGCM n'a pas encore publié de plan formel d'application pour la période post-27 septembre. Toutefois, la cadence des décisions s'est accélérée en 2024-2025 et une intensification est attendue entre octobre 2026 et le T1 2027. Les secteurs prioritaires historiques (textile, eau, énergie, transport, alimentation) restent les plus exposés. Notre [tracker AGCM](/blog/eu-greenwashing-penalties-by-country) est mis à jour mensuellement avec les nouvelles affaires.